Peinture, sculpture et code comme trois états d'une même matière — une recherche sur le centre, perdu puis retrouvé, dans un monde aux structures décentralisées.
Le centre n'est plus un lieu. C'est un état qu'on perd, qu'on déplace, qu'on retrouve.
Née en 1990 en Ukraine centrale, Ghala (Galyna) Vasylenko a d'abord suivi une formation en économie et en audit — un esprit analytique qu'elle transpose aujourd'hui dans une pratique artistique rigoureuse. En 2019, elle termine ses études à l'Académie des arts joailliers d'Odessa, où elle repense les frontières entre le figuratif et l'abstrait.
En 2022, la guerre en Ukraine la pousse à s'installer en France. L'art devient pour elle un moyen de guérison, sa voix, son instrument d'influence sur le monde. Elle participe à des expositions personnelles en France ainsi qu'à des projets collectifs internationaux — dont une exposition pendant la Biennale de Venise et la biennale numérique The Wrong Biennale.
Survolez un titre pour révéler l'œuvre.
Le projet explore les processus de migration interne qui se produisent dans le contexte des déplacements externes et leur influence sur la transformation de l'identité humaine. Le genius loci y est réinterprété non comme l'esprit d'un lieu, mais comme le point interne de cohérence du sujet — un état qui peut être perdu, déplacé ou retrouvé.
La série est construite comme une étude visuelle de ce processus : une transition d'un modèle d'identité centralisé vers une structure distribuée de centres autonomes.
« J'extrais des étincelles d'énergie de l'air et leur donne une forme physique. Puis je renvoie cette forme dans le monde immatériel — dans l'espace numérique, pixélisé et technologique. »G.V.
Un épisode consacré à l'erreur comme moment de naissance de la forme. Une sculpture en maille transparente et une interaction numérique illustrent la décentralisation de la paternité de l'œuvre, répartie entre l'artiste, la machine et l'attention collective.
Sacramenta 3.0 explore la frontière entre ce qui peut être enregistré et ce qui reste à jamais hors de portée de toute documentation. Certains processus — l'instant où une idée naît, une prière, une révélation intérieure — ne se laissent pas traduire en informations.
Le projet imagine l'existence d'un autre réseau, le réseau du sacré, où les idées naissent non d'un algorithme mais d'une rencontre entre une personne et quelque chose d'incalculable. Des compteurs symboliques recensent bougies consumées, pages griffonnées, cendres d'encens — et se heurtent, à chaque fois, à leurs propres limites.
2026 — Code Error / The Perspectives, 48 Stunden Neukölln Festival, Berlin.
2024 — Copains couleurs expo, Chatenoy-le-Royal.
2024 — Les Amis des Arts, Saint-Rémy.
2024 — Renewal Reverie, CISTA Arts, Londres (en ligne).
2023–24 — The Holy Art London : Future Stars, Londres / Athènes.
2023 — FAMART, Casa dei Carraresi, Trévise.
Publications — Voix du Monde (2024) · Artistcloseup #12, Amsterdam (2023) · Artist Talk Magazine #28, Londres (2023).
Ma recherche artistique se concentre sur la transformation du concept de centre à l'ère des systèmes décentralisés.
Je considère le centre comme un état dynamique de coordination, un point interne de cohérence qui peut être perdu, déplacé ou rétabli. Dans ce contexte, l'erreur devient un moment de désynchronisation au sein d'un système complexe, à partir duquel une nouvelle forme peut naître.
Mon parcours d'artiste ressemble à un mouvement en spirale : chaque tour d'expérience m'éloigne puis me rapproche du centre. J'explore ces moments de déviation — dans la vie humaine, la société et la nature — qui déséquilibrent le système et créent une possibilité de transformation.
Ma pratique s'articule comme un processus cyclique de transitions entre différents états de la matière et de l'information : une idée se concrétise d'abord sous forme matérielle — sculpture, métal, artefacts portables, gestes performatifs — puis se traduit dans le domaine numérique à travers le code et les structures vectorielles, avant de revenir, parfois, dans l'espace physique sous une nouvelle forme.
Je considère cette transition entre le matériel et le numérique comme une forme moderne du processus alchimique — un peu mystique, mais surtout structurel.